La sculpture Bourbonnaise et Marcellin Desboutin au Musée Anne de Beaujeu – Moulins

Quand je dis que j’aime Moulins, je vois la surprise et l’incompréhension dans le regard de mon interlocuteur. Voire même le dégoût. Oui. Je ne connais pas les défauts de la ville et je ne sais pas ce qu’elle a à offrir (ou non) en terme de vie nocturne, de restaurants (hormis le Grand Café sur la Place d’Allier), d’emplois ou de commerces. En réalité, je ne prête attention qu’à la vieille ville, ses rues pavées, ses maisons à pans de bois, ses vieilles pierres, ses monuments… J’aime la Cathédrale Notre-Dame, la Maison Mantin, le Jacquemart, la Malcoiffée, le Musée Anne de Beaujeu (le CNCS, plus excentré). Moulins est une jolie petite ville pour qui sait la regarder.

De temps en temps, j’aime me faire une journée à Moulins et visiter les musées (dans la catégorie Moulins, vous avez plusieurs de mes compte-rendu de visites). Samedi, j’ai choisi le CNCS pour voir une 2nde et dernière fois l’expo consacrée aux comédies musicales (jusqu’au 28/04/19) (mon compte-rendu à lire ICI) et le MAB (Musée Anne de Beaujeu) pour sa nouvelle expo mettant en valeur La sculpture bourbonnaise (jusqu’au 08/03/20) et celle, un peu plus ancienne, sur Marcellin Desboutin (jusqu’au 15/09/19), artiste local si j’ose dire.

J’ai commencé par les salles des sculptures. Et dès l’entrée, en voyant les décors bleus et les oeuvres blanches, j’ai su que j’allais aimer. La scénographie est juste parfaite et le parcours proposé vous en met plein les yeux (les jeux de lumière font de l’effet). Des panneaux explicatifs (bien visibles ou cachés) donnent des informations aussi bien sur les sculptures présentées que la sculpture en général ou l’Histoire des Bourbons. Tout au long de l’avancée dans le musée (expo au rez-de-chaussée), les enfants (et certains grands enfants) apprennent en s’amusant. Et les sculptures, me direz-vous ? Elles sont merveilleuses ! Gros coup de coeur pour Sainte-Barbe, Sainte-Madeleine ou la Vierge à l’enfant.

J’ai fait un arrêt par la magnifique Salle des Retables du parcours permanent (dans des tons de rouges, j’adore) et je suis montée (en empruntant le bel escalier) à l’expo sur Marcellin Desboutin, artiste de Cérilly. Portraits qu’il a fait d’autres artistes (Degas, par exemple) ou que d’autres ont fait de lui, auto-portraits, portraits de famille (comme d’autres font des photos, Desboutin peignait ses enfants dans la vie de tous les jours, nounou comprise, oui), peintures, dessin… Cette expo retrace la vie de Desboutin au milieu de ses contemporains. C’est une exposition que je conseille également. Le parcours jalonné d’arrêts pour les enfants et d’un coin lecture est bien fichu. Les déambulations sont fluides, on ne tourne pas en rond sans savoir dans quel sens aller, c’est top.

 

Avant de redescendre, on fait un saut dans la grande salle permanente. Des sculptures  et des banquettes au milieu de la pièce (dont la femme au chapeau à deux-bonjours typiquement Bourbonnais qui me fait peur avec son air hyper sévère) et des tableaux par dizaines sur les murs (dont La vérité sortant du puits qui me fascine toujours tant ça me semble réaliste). J’adore cette salle. Je pourrais m’asseoir et y rester des heures. Sans forcément regarder les tableaux d’ailleurs. Juste m’asseoir, lire ou attendre que le temps passe. C’est une salle apaisante, je trouve.

En conclusion, le Musée Anne de Beaujeu figure dans mon top 3 des musées Auvergnats (avec le CNCS de Moulins et le MARQ de Clermont). Je vous conseille vivement la visite. Pour les expos, bien sûr. Pour ses murs, aussi. Son histoire. Et son quartier. L’entrée seule est à 5 euros mais vous pouvez coupler la visite avec celle de la Maison Mantin (pour 8 euros, si je ne dis pas de bêtise), une visite que je conseille +++ également.

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Comédies Musicales, les costumes font leur show ! – CNCS, Moulins

Et c’est encore une très belle expo que nous propose actuellement le Centre National du Costume et de la Scène de Moulins (jusqu’au 28 Avril) ! Comme les précédentes, j’ai adoré découvrir les costumes, les accessoires et la scénographie dans son ensemble.

My Fair Lady, Grease, Chantons sous la pluie, La mélodie du bonheur et d’autres comédies musicales (popularisées au cinéma) et d’autres peut-être moins connues du grand public (comme 42nd street) sont présentées à travers une centaine de costumes. Entrer au CNCS c’est partir pour Broadway, cette immersion côté coulisse donnant envie de danser et de chanter. Ce que vous ferez probablement dans la salle dédiée à Grease ou sur l’estrade consacrée à Chantons sous la pluie. Ici, vous pourrez même poser devant un décor New Yorkais avec imperméable jaune et parapluie. Comme si vous y êtiez…

Plus d’informations sur le site du CNCS (horaires, tarifs, expo permanente…), ICI.
Pour lire ou relire mes compte-rendus des expositions précédentes : Contes de Fées, Artisans de la Scène, Modes ! A la ville à la scène ou des encore plus anciennes sur le vieux blog : Barockissimo, Angelin Preljocaj, L’opéra comique et ses trésors.

MuPop – Montluçon

Le musée qui se regarde aussi avec les oreilles

Dimanche après-midi, j’ai retrouvé une partie de mes camarades Ambassadeurs du CDT Allier Tourisme pour une visite VIP du MuPop, le Musée des Musiques Populaires à Montluçon. Depuis le temps que je parlais d’y aller…

Le MuPop, c’est quoi ?

Le MuPop, comme son nom l’indique, est un musée dédié à la musique. Aujourd’hui labélisé Musée National, il a fort évolué depuis sa création en 1959, dans les murs du Château des Ducs de Bourbon. A l’époque généraliste, il se nomme Musée de Montluçon et présente l’histoire locale à travers des collections assez variées, allant de la faïence à la vielle. La collection de vielles s’enrichit dans les années 1970/1980 et le musée devient alors Musée de la vielle. Jusqu’en 1993, date à laquelle le musée est doté d’une belle collection de cornemuses. Le Musée de la vielle devient plus généralisé et, avec l’exposition consacrée aux guitares électriques de 1997, s’oriente vers les musiques populaires. Depuis, le musée n’a de cesse d’élargir ses collections. Si bien que le Château est vite trop petit. Décision est prise de quitter les lieux et de s’installer non loin de là, dans les hôtels particuliers Méchain et Charnisay. Le projet est confié à l’architecte Philippe Tixier et le MuPop, entre tradition et modernité, est un mélange entre le passé et le contemporain. A 1ère vue, cela peut sembler fou ou inconscient et, pourtant, ça marche super bien. Le contemporain s’insère à la perfection dans ce quartier historique. Le MuPop a ouvert ses portes en 2013 et est vite devenu une référence nationale dans le domaine. Aujourd’hui, ce sont quelques 3500 instruments qui sont exposés, dont 2000 vielles/cornemuses/guitares électriques. Instruments auxquels il faut ajouter costumes de scène, extraits sonores ou vidéos, affiches, pochettes de disques, matériel électrique… Et si les chiffres donnent un peu le tournis, il est important de savoir que, seulement 40% des collections sont exposées au public ! Le MuPop est un lieu culturel qui s’est fixé notamment pour but de transmettre aux générations futures.

Les réserves

Dimanche après-midi, donc, nous avions rendez-vous sur l’esplanade du Château des Ducs de Bourbon pour commencer notre visite par les réserves du MuPop. Et quand je dis que nous étions VIP, c’est que ces réserves sont habituellement fermées au public, elles n’ouvrent que pour les Journées du Patrimoine (notez-le, ça vaut le coup !) et aux chercheurs et scientifiques. Et c’est le conservateur en personne, Eric Bourgougnon, qui nous ouvre les portes de son territoire (VIP, je vous dis). C’est ici que sont conservés (précieusement) les collections et documents originaux (comme des affiches). Mr Bourgougnon nous guide dans différentes pièces et nous explique l’histoire et le fonctionnement du musée, la marche à suivre pour les acquisitions, comment les inventorier (sur papier pour le côté légal, sur informatique pour le côté pratique) et comment conserver aux mieux les différentes pièces de la collection (ils fabriquent leurs propres emballages). Entre nous, on s’est un peu senti privilégié d’être ici. Pour ma part, je suis toujours frétillante de rentrer dans des coins un peu cachés, comme si je me faufilait sans vraiment avoir le droit d’y être. Autant vous dire que j’ai trouvé cela génial de pénétrer en ces lieux pour en apprendre un peu plus sur les coulisses (bien communes avec d’autres musées, en fait). Quand on visite un musée, on ne se rend pas vraiment compte du travail qu’il y a derrière, en amont. Et, entre nous, quand on imagine les réserves d’un musée, on imagine quelque chose de plus « Hollywoodien ». Ca fait du bien de remettre un peu les choses à leur place. Sans pour autant être déçu, en fait. J’ai adoré. L’après-midi commençait bien.

Les parcours… musical et instrumental

En sortant des réserves, nous nous sommes dirigés vers le MuPop à proprement parlé où nous avons été accueillis par Emilie, notre guide pour la visite des collections. On commence par s’équiper de casques et de petits boîtiers… Y’aurait-il des choses à écouter ? Hum, bien possible… On se dirige ensuite vers l’ascenseur de verre (Roald Dahl n’a rien inventé, en fait !) pour monter sur le Parcours Musical, véritable fresque historique. Dans la salle des Musiques du Monde Rural, des vitrines arrondies présentant des scènes de vie locale (travaux des champs, fêtes, veillées…) avec la cloche de Souvigny au milieu (et c’est rigolo, ça me fait penser à la Liberty Bell de Philadelphie)… A peine arrivé, je sais que je vais en prendre plein les yeux. Et les oreilles. Vous vous souvenez du petit boîtier qu’on vous remet à l’entrée ? Bah, c’est le moment de l’allumer. Et de pointer vers les plaquettes d’explications pour écouter des extraits sonores. Et je trouve ça chouette, chacun peut aller à son rythme, écouter ce qu’il veut, quand il veut et même arrêter si ça ne lui plait pas. Vient ensuite la salle des Fanfares et harmonie avec ses cuivres partout, dans des vitrines et pendus au plafond… Et sa bande son comme si on y était. Puis celle du Bal Musette avec un vrai parquet et un film vidéo, pour s’y croire vraiment. J’avoue, je crois que c’est ma salle préférée. D’ailleurs, j’ai sautillé et tapé des mains en disant « oh, j’adore ! ». Limite pire qu’à Disneyland, en fait. Nous sommes pris par le temps (notre programme est encore chargé), il ne nous ai donc pas possible de trop nous attarder mais, déjà, je sais que je reviendrai. Nous poursuivons avec la reconstitution de la chambre d’ado des années 60/70, les yéyés, le Golf Drouot… dans le Virage électrique. Nous continuons avec l’Ere de la Pop et son mur de pochette de disques, ses extraits vidéos de concerts… Maintenant, je peux même dire que j’ai vu Joe Cocker à Woodstock. Ou presque, hein. Dans la salle suivante, celles des Années 80, c’est le coup de vieux assuré. Dans les vitrines, nombre d’objets que nous avons utilisés dans les années 1980/1990. Oui, j’ai déjà utilisé un Minitel (même s’il était déjà en fin de vie, en ce qui me concerne). Oui, j’ai eu un baladeur cassette (et le crayon qui allait avec) pour écouter ma K7 de Roch Voisine en 1989. Cette salle, c’est aussi la reconstitution d’un local de répétition Punk et même si je n’ai pas connu cela vraiment, ça ne m’est pas totalement inconnu. Mais le temps passe…

Emilie nous conduit ensuite sur le Parcours Instrumental. Au programme, des vitrines de vielles (magnifiques pièces !), des cornemuses qu’il est intéressant de comparer selon les époques ou les régions, des guitares électriques (beaucoup !) (et des qui brillent), des reconstitutions d’ateliers, des noms plus ou moins connus (Selmer, Stimer, Manu Dibango…)… Et, toujours, des extraits sonores à écouter grâce au petit boîtier. Certaines vitrines sont grandioses. De part leur taille. Et de part les objets qu’elles contiennent (leur nombre, leur origine, leur « précieuseté »…).

Ces parcours (musical et instrumental) sont vraiment interactifs. On évolue dans différents univers en pleine immersion. La scénographie de Pascal Payeur nous invite à une vraie expérience musicale où tous les sens (ou presque) sont en éveil… l’ouïe, la vue, le toucher. Tout est si fonctionnel et intuitif. Il faut absolument que j’y revienne !

L’espace médiation

Nous sommes ensuite attendus à l’ Espace Médiation (côté Hôtel Charnisay) (la cour intérieure est trop mignonne !) par Arnaud Lavergne. Cet espace est dédié aux ateliers pédagogiques animés par des médiateurs ou des animateurs extérieurs, notamment pour le public scolaire ou d’accueil de loisirs. Nous y sommes invités à découvrir au plus prés les instruments. Nous pouvons les regarder, les manipuler, les essayer (non, n’insistez pas, je ne montrerai pas mes petits camarades dans l’action), les comparer, poser des questions… C’est une façon de terminer la visite sur une note plus active.

L’exposition temporaire

Après avoir pris un petit rafraîchissement (bienvenue), nous nous sommes mêlés aux visiteurs en rejoignant l’espace dédié à l’exposition temporaire. Espace de 270 mètres carrés modulables pour caler au mieux aux besoins des mises en scène, il est en ce moment occupé par La voix, l’expo qui vous parle. Nous avons pu déambuler à notre guise. Sans plan de visite précis. De panneaux explicatifs en « bornes » jeux et expériences, le visiteur est invité à jouer avec sa voix. Ou celle des autres. Franchement étonnant. Et hyper ludique. (et je me rends compte en écrivant cet article que je n’ai fait aucune photo de cette exposition temporaire, il faudra me croire sur parole quand je vous dis que c’esy bien fichu)

En conclusion…

C’est ici que notre visite se termine. Et, comme d’habitude avec la Team du CDT Allier Tourisme, j’ai passé un très agréable moment (plus de réserve, je me sens de plus en plus à l’aise). C’était vraiment chouette de faire cette découverte avec eux. Car pour moi, oui, c’en était une. Comme pour ma copine Aleaudevichy qui vous raconte sa visite ICI. Ouvert il y a 5 ans, je ne connaissais pas le MuPop. J’ai découvert un lieu où il fait bon déambuler (prenez quand même un gilet, pour des soucis de conservation, il y fait frais), en ouvrant grand ses oreilles. J’ai adoré ! C’est sûr, je reviendrai. En m’attardant un peu plus dans certaines salles. Et en me gardant un peu de temps pour me promener dans le Vieux-Montluçon. Merci le CDT pour l’organisation de cette visite ! Merci le PuPop pour leur accueil et leur disponibilité ! Et merci à mon camarade Thierry pour avoir jouer le rôle du chauffeur !

Informations pratiques :
MuPop
3 rue Notre-Dame
03100 Montluçon
04 70 02 19 60
http://www.mupop.fr

Horaires
10h00 / 19h00 du 1er Juin au 31 Août du mardi au dimanche
14h00 / 18h00 du 1er Septembre au 31 Mai du mardi au dimanche

Expo La voix, L’expo qui vous parle
Du 6 Avril au 18 Novembre 2018 aux horaires d’ouverture  du MuPop

Tarifs
Plein tarif : 7.50 euros, dégressif selon l’âge (gratuit pour les moins de 6 ans)
Tarif réduit : 5 euros

Contes de Fées, CNCS – Moulins

ATTENTION ! Si vous n’avez pas vu l’expo et que vous voulez vous garder la surprise, il y a de nombreuses photos ! Une quinzaine…

 

Il était une fois

Cette expo, je l’attendais depuis qu’elle a été annoncée. Le CNCS étant un musée que j’adore et qui ne m’a jamais déçue, pensez bien que j’étais impatiente de découvrir ce qu’ils allaient faire de ces contes de fées que j’affectionne. Je n’ai pas pu me rendre à l’inauguration (un vendredi à 18h !!!) mais j’y suis allée le lundi qui suivait. Merci les vacances ! Impatiente, je vous disais. Et, le moins que je puisse dire c’est que, encore une fois, c’est un coup de cœur. Je l’ai d’ailleurs su dès mon arrivée sur le pallier qui dessert les différentes salles d’expo. Non, mais cette robe de Blanche-Neige ! Sublime !

Pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant et pour ceux qui veulent la retrouver

Contes de Fées c’est 150 costumes et accessoires pour mettre en lumière et revisiter La belle et la Bête, Cendrillon, Peau d’âne, Casse-Noisette, Alice au pays des Merveilles, Le prince de Motordu… Ou encore Le songe d’une nuit d’été. Entre autres. C’est un véritable monde enchanteur qui attend le visiteur. Gros coup de cœur pour la vitrine Alice ! Épatant ! Ca brille, ça scintille, ça paillette, ça flamboie… En résumé, c’est juste magnifique. Fées et sorcières, créatures fantastiques, princes et princesses, animaux… Les vitrines sont peuplées de toutes sortes de personnages. Sans oublier les accessoires, les dessins, les extraits vidéos… Et des petits jeux pour les enfants qui, s’ils répondent bien aux questions, repartiront avec un petit cadeau. Personne n’est oublié. C’est une expo qui s’adresse à un public allant de 7 à 77 ans. Et même en-deçà et au-delà. Tout le monde sort d’ici enchanté.

 

Féerie et magie

Encore une fois, il faut souligner le merveilleux travail de l’équipe du CNCS. Que ce soit dans le choix des costumes ou dans la scénographie. Le CNCS, je l’ai déjà dit, fait partie de mes musées favoris. J’y entre pour 2h et… Il peut se passer n’importe quoi au dehors, à l’intérieur, je suis dans une bulle. Une bulle de bien-être, de découverte, de déconnexion, de magie… C’est comme rentrer dans un autre monde. Et cette expo ne fait pas exception à la règle. J’ai adoré. Un vrai coup de cœur !

Et, avant de repartir, on oublie pas de faire un petit tour par la boutique (livres, cartes, jeux, magnets…) ou par la brasserie (décorée par Christian Lacroix).

 

Tarifs, horaires et infos sur le site du CNCS : ICI.

Mes impressions sur les précédentes expo : Modes ! A la ville à la scène, Artisans de la scène

Street Art City – Lurcy Levis

Si je vous dis « Street Art », vous me répondez ? New York ? Berlin ? Peut-être Melbourne, Los Angeles ou Saö Paulo ? Que nenni ! Le street art, c’est ici que ça se passe. Ici, à Lurcy-Lévis.

Quand Gilles et Sylvie Iniesta ont acheté cet ancien centre de formation des PTT en 2003 (en même temps que le Château de Béguin, rénové et revendu depuis), ils n’avaient aucune idée de ce qu’ils allaient en faire. Laissés à l’abandon depuis 1992, les bâtiments étaient loin d’avoir livrer leur potentiel. Jusqu’à un jour de Janvier 2015… Quand Sylvie a eu une sorte d’illumination. Ces murs étaient prêts à briller. Il ne leur manquait que la couleur. Et pourquoi pas du tag, du graffiti, du street art ? Et c’est ainsi qu’est né Street Art City. En pleine campagne bourbonnaise, certains diront que c’était un pari osé…

 

 

 

Un site unique dédié à l’art

Les chiffres donnent le tournis. 22 000 mètres carrés de murs et façades, 13 bâtiments, 10 hectares de terrain… Et une infinie de possibilités sur un chantier en perpétuel mouvement. En extérieur. Et en intérieur. Alors que nombre de sites dédiés au Street Art sont voués à la démolition, ici, et même si certaines fresques seront un jour recouvertes (le tag est un art éphémère), on garde les murs. C’est ce qui fait de Street Art City, un lieu unique. Depuis 2016, les artistes se succèdent pour exprimer leur art. Durant 1 semaine ou 3 semaines, ils sont en immersion totale pour créer. Logés et nourris, ils trouvent ici la bienveillance et tout le matériel qui est nécessaire à la pratique de leur art… Gilles et Sylvie ont créé une véritable Villa Médicis du Street Art. Sans contrainte ou presque. S’ils ont fait appel à un collectif d’artistes la 1ère année, depuis, les demandes spontanées sont de plus en plus nombreuses. Venus des 5 continents, 80 à 85 artistes pourront être accueillis cette année. Il règne dans ces lieux une formidable énergie créatrice, ça « grouille » de vie et de talent.

Grâce au CDT Allier Tourisme, j’ai eu la chance de participer à une visite du site. Avec mes camarades Ambassadeurs (je vous parle de cette aventure ici), nous avons été accueillis par le propriétaire des lieux en personne, Gilles (bien plus qu’un propriétaire) (bien plus qu’un mécène) qui nous a dressé un portrait passionnant du Street Art City avant de nous emmener pour une visite guidée. De façade en façade, à chaque coin de bâtiment, nous en prenons plein les yeux. C’est un véritable feu d’artifices de couleurs. J’ai adoré ! Et si Gilles nous raconte les histoires de ces fresques, il n’en dit pas trop. Afin de les appréhender et apprécier avec nos émotions personnelles. A chacun d’interpréter ce qu’il voit. Et c’est beau. C’est beau dedans. C’est beau dehors. C’est beau grâce aux œuvres. Et c’est beau grâce aux gens.

 

 

 

L’hôtel où l’on ne dort pas

Puis nous nous sommes dirigés vers l’Hôtel 128 (sagement) (mais avec une certaine appréhension en ce qui me concerne… on nous a distribué des lampes frontales !) (autant dire que je ne faisais pas la fière) (et je crois que ça s’est vu). Hôtel 128 comme les 128 chambres. Désaffectées depuis bien longtemps, les chambres sont livrées aux artistes qui prennent possession des lieux, des sols aux plafonds en passant pas les placards et les salles de bain. Une façon de s’immerger totalement dans l’univers de l’artiste. Et d’une pièce à l’autre, ce sont des univers bien différents que nous découvrons.

 

 

 

Si certaines oeuvres (je ne mets pas plus de photos des œuvres à l’intérieur, c’est interdit) m’ont interpellée positivement (par le thème abordé, la technique utilisée ou les couleurs choisies), j’avoue, certaines pièces m’ont plutôt « dérangée » voire même, mise mal à l’aise. C’est parfois un peu sombre. Quant au sujet, aux couleurs ou à l’abondance de matières. Je me suis parfois sentie oppressée en entrant dans une chambre. C’est le jeu et c’est intéressant aussi de pouvoir échanger avec d’autres visiteurs sur ce qui nous a plu. Ou non. La journée s’est terminée, en toute convivialité, autour d’un chocolat/café gourmand. Avant de reprendre la route sous la pluie…

Une visite exceptionnelle

En toute franchise, lorsque j’ai reçu l’invitation du CDT, hormis l’envie de partager un moment avec mes collègues Ambassadeurs, c’est la curiosité qui m’a poussée à accepter. Du Street Art, je ne connaissais pas grand chose. Pour moi, ça se limitait aux tags qu’on voit sur les piliers des ponts ou le long des voies ferrées. J’assume mon ignorance. Et, au final, j’ai été agréablement surprise. Je ne m’attendais pas à aimer autant. Les superlatifs ne sont pas assez nombreux. Je n’hésite pas à parler de coup de cœur. Carrément. Tant pour les lieux en eux-mêmes, les fresques mais aussi l’histoire du complexe, que le personnage de Gilles (un homme passionné et passionnant !) (un homme d’une grande générosité mêlée à une grande ouverture d’esprit), la mentalité du concept (la priorité c’est l’art et l’artiste) ou les artistes rencontrés. Et c’est tellement incroyable de trouver cela ici, dans l’Allier. Nous y avons passé 3h et nous n’avons pas vu le temps passer. Qu’on soit amateur de Street Art ou simple curieux, on ne reste pas insensible. Ce fut, à titre purement personnel, une expérience exceptionnelle.

Merci à Gilles et Sylvie pour ce beau moment de partage. Merci aux artistes (Zeso et Kelkin) (cliquez sur leurs noms pour accéder à leurs profils Instagram) pour leur disponibilité. Merci à Allier Tourisme d’avoir rendu cette visite possible. Et merci à mes collègues Ambassadeurs pour leur bonne humeur.

Tarifs et horaires : ICI
Les visites des copines : A l’eau de Vichy, Elody loves travel, Melle Brunette, Magic Orange Plastique Bird, Dans le sillage d’Anne, Delfie

Artisans de la scène, CNCS – Moulins

Il y a quelques jours, j’ai vu passer sur Facebook, un statut du CNCS rappelant qu’il ne restait pas longtemps pour visiter son expo « Artisans de la scène – La fabrique du costume ». Ce qui m’a fait penser que je ne vous en avais pas encore parlé. Je l’ai pourtant vu fin Décembre…

DSC_0087Cette expo est consacrée à celles et ceux qui oeuvrent en coulisse, les artistes de l’ombre, celles et ceux sans qui il n’y aurait pas de spectacle. J’ai nommé les costumiers, les perruquiers, les bottiers, les bijoutiers et j’en passe…

« Artisans de la scène », c’est quelques 200 pièces de décor, de costume de cinéma ou de théâtre réparties par thèmes. Les coiffes, les chaussures, les bijoux… avec, à l’appui, extraits vidéo ou photos… Et, clou du spectacle, la grande salle (la dernière, la plus belle, celle que j’attends avec impatience et qui fait toujours « wahou ! ») qui nous fait entrer dans un véritable atelier. Chaque fois, c’est juste magnifique !

Cette expo est franchement intéressante. J’ai adoré passer en coulisses, comme une petite souris. On en apprend vraiment beaucoup sur ces artistes.

Le CNCS fait partie de mes musées auvergnats préférés. Rien que le bâtiment (ancienne caserne de cavalerie du 18ème siècle) vaut le déplacement (et cet escalier !). Vous avez jusqu’au 11 Mars (toutes les infos ICI), le CNCS sera ensuite en transition pour quelques semaines, le temps d’installer la future expo dont le menu est alléchant (le conte de fée !). Durant cette période, vous aurez tout de même accès à l’expo permanente dédiée à Noureev, la brasserie (décorée par Christian Lacroix himself) et la boutique.

PS : Notez qu’un projet d’extension est en cours, un agrandissement qui devrait voir le jour d’ici fin 2019. Et on a déjà hâte de voir cela !

Le CNCS, je vous en ai parlé plusieurs fois : ICI, sur ce blog et ICI, ICI et ICI sur l’ancien blog.