MuPop – Montluçon

Le musée qui se regarde aussi avec les oreilles

Dimanche après-midi, j’ai retrouvé une partie de mes camarades Ambassadeurs du CDT Allier Tourisme pour une visite VIP du MuPop, le Musée des Musiques Populaires à Montluçon. Depuis le temps que je parlais d’y aller…

Le MuPop, c’est quoi ?

Le MuPop, comme son nom l’indique, est un musée dédié à la musique. Aujourd’hui labélisé Musée National, il a fort évolué depuis sa création en 1959, dans les murs du Château des Ducs de Bourbon. A l’époque généraliste, il se nomme Musée de Montluçon et présente l’histoire locale à travers des collections assez variées, allant de la faïence à la vielle. La collection de vielles s’enrichit dans les années 1970/1980 et le musée devient alors Musée de la vielle. Jusqu’en 1993, date à laquelle le musée est doté d’une belle collection de cornemuses. Le Musée de la vielle devient plus généralisé et, avec l’exposition consacrée aux guitares électriques de 1997, s’oriente vers les musiques populaires. Depuis, le musée n’a de cesse d’élargir ses collections. Si bien que le Château est vite trop petit. Décision est prise de quitter les lieux et de s’installer non loin de là, dans les hôtels particuliers Méchain et Charnisay. Le projet est confié à l’architecte Philippe Tixier et le MuPop, entre tradition et modernité, est un mélange entre le passé et le contemporain. A 1ère vue, cela peut sembler fou ou inconscient et, pourtant, ça marche super bien. Le contemporain s’insère à la perfection dans ce quartier historique. Le MuPop a ouvert ses portes en 2013 et est vite devenu une référence nationale dans le domaine. Aujourd’hui, ce sont quelques 3500 instruments qui sont exposés, dont 2000 vielles/cornemuses/guitares électriques. Instruments auxquels il faut ajouter costumes de scène, extraits sonores ou vidéos, affiches, pochettes de disques, matériel électrique… Et si les chiffres donnent un peu le tournis, il est important de savoir que, seulement 40% des collections sont exposées au public ! Le MuPop est un lieu culturel qui s’est fixé notamment pour but de transmettre aux générations futures.

Les réserves

Dimanche après-midi, donc, nous avions rendez-vous sur l’esplanade du Château des Ducs de Bourbon pour commencer notre visite par les réserves du MuPop. Et quand je dis que nous étions VIP, c’est que ces réserves sont habituellement fermées au public, elles n’ouvrent que pour les Journées du Patrimoine (notez-le, ça vaut le coup !) et aux chercheurs et scientifiques. Et c’est le conservateur en personne, Eric Bourgougnon, qui nous ouvre les portes de son territoire (VIP, je vous dis). C’est ici que sont conservés (précieusement) les collections et documents originaux (comme des affiches). Mr Bourgougnon nous guide dans différentes pièces et nous explique l’histoire et le fonctionnement du musée, la marche à suivre pour les acquisitions, comment les inventorier (sur papier pour le côté légal, sur informatique pour le côté pratique) et comment conserver aux mieux les différentes pièces de la collection (ils fabriquent leurs propres emballages). Entre nous, on s’est un peu senti privilégié d’être ici. Pour ma part, je suis toujours frétillante de rentrer dans des coins un peu cachés, comme si je me faufilait sans vraiment avoir le droit d’y être. Autant vous dire que j’ai trouvé cela génial de pénétrer en ces lieux pour en apprendre un peu plus sur les coulisses (bien communes avec d’autres musées, en fait). Quand on visite un musée, on ne se rend pas vraiment compte du travail qu’il y a derrière, en amont. Et, entre nous, quand on imagine les réserves d’un musée, on imagine quelque chose de plus « Hollywoodien ». Ca fait du bien de remettre un peu les choses à leur place. Sans pour autant être déçu, en fait. J’ai adoré. L’après-midi commençait bien.

Les parcours… musical et instrumental

En sortant des réserves, nous nous sommes dirigés vers le MuPop à proprement parlé où nous avons été accueillis par Emilie, notre guide pour la visite des collections. On commence par s’équiper de casques et de petits boîtiers… Y’aurait-il des choses à écouter ? Hum, bien possible… On se dirige ensuite vers l’ascenseur de verre (Roald Dahl n’a rien inventé, en fait !) pour monter sur le Parcours Musical, véritable fresque historique. Dans la salle des Musiques du Monde Rural, des vitrines arrondies présentant des scènes de vie locale (travaux des champs, fêtes, veillées…) avec la cloche de Souvigny au milieu (et c’est rigolo, ça me fait penser à la Liberty Bell de Philadelphie)… A peine arrivé, je sais que je vais en prendre plein les yeux. Et les oreilles. Vous vous souvenez du petit boîtier qu’on vous remet à l’entrée ? Bah, c’est le moment de l’allumer. Et de pointer vers les plaquettes d’explications pour écouter des extraits sonores. Et je trouve ça chouette, chacun peut aller à son rythme, écouter ce qu’il veut, quand il veut et même arrêter si ça ne lui plait pas. Vient ensuite la salle des Fanfares et harmonie avec ses cuivres partout, dans des vitrines et pendus au plafond… Et sa bande son comme si on y était. Puis celle du Bal Musette avec un vrai parquet et un film vidéo, pour s’y croire vraiment. J’avoue, je crois que c’est ma salle préférée. D’ailleurs, j’ai sautillé et tapé des mains en disant « oh, j’adore ! ». Limite pire qu’à Disneyland, en fait. Nous sommes pris par le temps (notre programme est encore chargé), il ne nous ai donc pas possible de trop nous attarder mais, déjà, je sais que je reviendrai. Nous poursuivons avec la reconstitution de la chambre d’ado des années 60/70, les yéyés, le Golf Drouot… dans le Virage électrique. Nous continuons avec l’Ere de la Pop et son mur de pochette de disques, ses extraits vidéos de concerts… Maintenant, je peux même dire que j’ai vu Joe Cocker à Woodstock. Ou presque, hein. Dans la salle suivante, celles des Années 80, c’est le coup de vieux assuré. Dans les vitrines, nombre d’objets que nous avons utilisés dans les années 1980/1990. Oui, j’ai déjà utilisé un Minitel (même s’il était déjà en fin de vie, en ce qui me concerne). Oui, j’ai eu un baladeur cassette (et le crayon qui allait avec) pour écouter ma K7 de Roch Voisine en 1989. Cette salle, c’est aussi la reconstitution d’un local de répétition Punk et même si je n’ai pas connu cela vraiment, ça ne m’est pas totalement inconnu. Mais le temps passe…

Emilie nous conduit ensuite sur le Parcours Instrumental. Au programme, des vitrines de vielles (magnifiques pièces !), des cornemuses qu’il est intéressant de comparer selon les époques ou les régions, des guitares électriques (beaucoup !) (et des qui brillent), des reconstitutions d’ateliers, des noms plus ou moins connus (Selmer, Stimer, Manu Dibango…)… Et, toujours, des extraits sonores à écouter grâce au petit boîtier. Certaines vitrines sont grandioses. De part leur taille. Et de part les objets qu’elles contiennent (leur nombre, leur origine, leur « précieuseté »…).

Ces parcours (musical et instrumental) sont vraiment interactifs. On évolue dans différents univers en pleine immersion. La scénographie de Pascal Payeur nous invite à une vraie expérience musicale où tous les sens (ou presque) sont en éveil… l’ouïe, la vue, le toucher. Tout est si fonctionnel et intuitif. Il faut absolument que j’y revienne !

L’espace médiation

Nous sommes ensuite attendus à l’ Espace Médiation (côté Hôtel Charnisay) (la cour intérieure est trop mignonne !) par Arnaud Lavergne. Cet espace est dédié aux ateliers pédagogiques animés par des médiateurs ou des animateurs extérieurs, notamment pour le public scolaire ou d’accueil de loisirs. Nous y sommes invités à découvrir au plus prés les instruments. Nous pouvons les regarder, les manipuler, les essayer (non, n’insistez pas, je ne montrerai pas mes petits camarades dans l’action), les comparer, poser des questions… C’est une façon de terminer la visite sur une note plus active.

L’exposition temporaire

Après avoir pris un petit rafraîchissement (bienvenue), nous nous sommes mêlés aux visiteurs en rejoignant l’espace dédié à l’exposition temporaire. Espace de 270 mètres carrés modulables pour caler au mieux aux besoins des mises en scène, il est en ce moment occupé par La voix, l’expo qui vous parle. Nous avons pu déambuler à notre guise. Sans plan de visite précis. De panneaux explicatifs en « bornes » jeux et expériences, le visiteur est invité à jouer avec sa voix. Ou celle des autres. Franchement étonnant. Et hyper ludique. (et je me rends compte en écrivant cet article que je n’ai fait aucune photo de cette exposition temporaire, il faudra me croire sur parole quand je vous dis que c’esy bien fichu)

En conclusion…

C’est ici que notre visite se termine. Et, comme d’habitude avec la Team du CDT Allier Tourisme, j’ai passé un très agréable moment (plus de réserve, je me sens de plus en plus à l’aise). C’était vraiment chouette de faire cette découverte avec eux. Car pour moi, oui, c’en était une. Comme pour ma copine Aleaudevichy qui vous raconte sa visite ICI. Ouvert il y a 5 ans, je ne connaissais pas le MuPop. J’ai découvert un lieu où il fait bon déambuler (prenez quand même un gilet, pour des soucis de conservation, il y fait frais), en ouvrant grand ses oreilles. J’ai adoré ! C’est sûr, je reviendrai. En m’attardant un peu plus dans certaines salles. Et en me gardant un peu de temps pour me promener dans le Vieux-Montluçon. Merci le CDT pour l’organisation de cette visite ! Merci le PuPop pour leur accueil et leur disponibilité ! Et merci à mon camarade Thierry pour avoir jouer le rôle du chauffeur !

Informations pratiques :
MuPop
3 rue Notre-Dame
03100 Montluçon
04 70 02 19 60
http://www.mupop.fr

Horaires
10h00 / 19h00 du 1er Juin au 31 Août du mardi au dimanche
14h00 / 18h00 du 1er Septembre au 31 Mai du mardi au dimanche

Expo La voix, L’expo qui vous parle
Du 6 Avril au 18 Novembre 2018 aux horaires d’ouverture  du MuPop

Tarifs
Plein tarif : 7.50 euros, dégressif selon l’âge (gratuit pour les moins de 6 ans)
Tarif réduit : 5 euros

Publicités