Les Nuées Ardentes

Durant le week-end de Pentecôte, la science et l’imaginaire avaient rendez-vous aux pieds du Puy de Dôme (le célèbre) pour la seconde édition des Nuées ardentes, un festival où se mêlent volcanologie, chimie, jeux et musique (entre autres) sur fond d’univers Steampunk.

L’an dernier, j’avais vu quelques affiches en ville puis quelques photos sur les réseaux sociaux mais dimanche était une 1ère pour moi. Et je suis tombée sous le charme. Malgré une météo incertaine et capricieuse. Et malgré le froid et la fatigue qui m’ont fait renoncé aux spectacles nocturnes.

Les nuées ardentes se tiennent sur le champs de la gare de départ du Panoramique des Dômes. C’est sympa, tu peux coupler l’après-midi au festival et la visite du Géant. Chose que j’ai fait. J’ai mangé au sommet du PDD et je suis redescendue pour passer l’après-midi aux Nuées.

inCollage_20190611_211359908Petite explication sur la photo de la tranche de bois (parce que j’ai trouvé ça « génial ») : Vous voyez que, tout jeune, l’arbre (un pin) a grandit bien droit (comme bien des arbres, me direz-vous, ça fait de jolis cercles réguliers) et que, à un moment dans sa vie, c’est parti  un peu de travers… Ce changement correspond à la tempête de 1999. Le pin est tombé et, pour se redresser, il a adapté sa croissance. Ça s’appelle le bois de compression. Génial, non ?

Première belle découverte de la journée, la foreuse. Une magnifique structure autour de laquelle s’articulent différents stands d’expériences scientifiques. Les intervenants (étudiants, chercheurs…) prennent place dans un décor sorti tout droit d’un roman de Jules Verne pour nous présenter leurs travaux ou résultats de leurs études… J’ai appris, notamment, à fabriquer du méthane avec les épluchures de légumes et l’utilité (en médecine et en cuisine) des micro-algues. J’ai fabriqué un nuage et gouté à de la cuisine à l’azote. J’ai compris que les plantes et arbres étaient franchement intelligents (la verticalité des plantes n’a plus de secret pour moi). Et tout un tas d’autres choses… Ai-je dis que les décors étaient sublimes ?

Je suis ensuite passée par le stand volcanique où 2 volcanologues nous ont présenté les différents types de volcans, la façon de les étudier, de prévoir leur activité… A priori, on ne craint pas grand chose dans l’immédiat en Auvergne (sauf si un nouveau volcan venait à se former) mais nous restons sous haute surveillance. Je connaissais nombre d’informations pour avoir déjà visité Vulcania mais c’était ludique et accessible.

inCollage_20190611_211138329Voilà pour la partie scientifique à proprement parlé. Étaient proposés aussi plusieurs jeux en bois pour enfants. Dont je n’ai pas profité. Mais les petits tricheurs semblaient apprécier la diversité de l’offre proposée. D’un point de vue personnel, j’ai beaucoup aimé l’esthétique des jeux. Avant d’aller écouter les histoires (auvergnates) et comptines (plus ou moins connues) de la Fée Malou, une conteuse merveilleuse qui nous a fait voyager dans ses récits, notamment animaliers. Cette pause a été la bienvenue. L’après-midi était aussi ponctuée des petites scènes jouées par 2 aviateurs, un peu partout sur site (je n’ai pas entendu 2 fois la même !). Autour du volcanisme et de la science ou non, les enfants qui étaient invités à participer, semblaient bluffés par les performances, drôles et accessibles. Et j’ai beau ne plus être une enfant depuis longtemps, j’ai adoré.

Un bar était également à disposition (avec de vieilles tables et de vieilles chaises tout comme j’aime) pour ceux qui avaient envie de grignoter un bout ou boire un coup (dans une ecocup à 1euro, ça fait un souvenir). J’ai, pour ma part, préféré remonter à la voiture pour attendre la fin de la pluie… A l’accalmie, je suis allée finir l’après-midi aux Petites Conférences Extraordinaires, qui n’ont de conférence que le nom tant c’est interactif, accessible et court. Mais j’ai appris quelques petites choses supplémentaires, c’etait chouette et la mise en scène était sympa.

Je suis partie après la 2ème partie. Je commençais à fatiguer vraiment, j’avais froid et mal au dos (merci le SPM !), je n’ai pas eu le courage d’attendre les spectacles (un musical et un pyrotechnique) ainsi que l’éruption du volcan. Je le regrette un peu mais je ne me sentais pas de rester. Et de me faire 1h de route pour rentrer dans la nuit après une journée si riche. Tant pis, ce sera pour l’année prochaine. Parce que, oui, je compte bien revenir. C’est pédagogique tout en donnant une dimension spectaculaire à la science. Bravo à l’Université de Clermont Auvergne et merci au Panoramique des Dômes  et à leurs différents partenaires !

Lien direct de l’événement : http://lesnueesardentes.uca.fr

La sculpture Bourbonnaise et Marcellin Desboutin au Musée Anne de Beaujeu – Moulins

Quand je dis que j’aime Moulins, je vois la surprise et l’incompréhension dans le regard de mon interlocuteur. Voire même le dégoût. Oui. Je ne connais pas les défauts de la ville et je ne sais pas ce qu’elle a à offrir (ou non) en terme de vie nocturne, de restaurants (hormis le Grand Café sur la Place d’Allier), d’emplois ou de commerces. En réalité, je ne prête attention qu’à la vieille ville, ses rues pavées, ses maisons à pans de bois, ses vieilles pierres, ses monuments… J’aime la Cathédrale Notre-Dame, la Maison Mantin, le Jacquemart, la Malcoiffée, le Musée Anne de Beaujeu (le CNCS, plus excentré). Moulins est une jolie petite ville pour qui sait la regarder.

De temps en temps, j’aime me faire une journée à Moulins et visiter les musées (dans la catégorie Moulins, vous avez plusieurs de mes compte-rendu de visites). Samedi, j’ai choisi le CNCS pour voir une 2nde et dernière fois l’expo consacrée aux comédies musicales (jusqu’au 28/04/19) (mon compte-rendu à lire ICI) et le MAB (Musée Anne de Beaujeu) pour sa nouvelle expo mettant en valeur La sculpture bourbonnaise (jusqu’au 08/03/20) et celle, un peu plus ancienne, sur Marcellin Desboutin (jusqu’au 15/09/19), artiste local si j’ose dire.

J’ai commencé par les salles des sculptures. Et dès l’entrée, en voyant les décors bleus et les oeuvres blanches, j’ai su que j’allais aimer. La scénographie est juste parfaite et le parcours proposé vous en met plein les yeux (les jeux de lumière font de l’effet). Des panneaux explicatifs (bien visibles ou cachés) donnent des informations aussi bien sur les sculptures présentées que la sculpture en général ou l’Histoire des Bourbons. Tout au long de l’avancée dans le musée (expo au rez-de-chaussée), les enfants (et certains grands enfants) apprennent en s’amusant. Et les sculptures, me direz-vous ? Elles sont merveilleuses ! Gros coup de coeur pour Sainte-Barbe, Sainte-Madeleine ou la Vierge à l’enfant.

J’ai fait un arrêt par la magnifique Salle des Retables du parcours permanent (dans des tons de rouges, j’adore) et je suis montée (en empruntant le bel escalier) à l’expo sur Marcellin Desboutin, artiste de Cérilly. Portraits qu’il a fait d’autres artistes (Degas, par exemple) ou que d’autres ont fait de lui, auto-portraits, portraits de famille (comme d’autres font des photos, Desboutin peignait ses enfants dans la vie de tous les jours, nounou comprise, oui), peintures, dessin… Cette expo retrace la vie de Desboutin au milieu de ses contemporains. C’est une exposition que je conseille également. Le parcours jalonné d’arrêts pour les enfants et d’un coin lecture est bien fichu. Les déambulations sont fluides, on ne tourne pas en rond sans savoir dans quel sens aller, c’est top.

 

Avant de redescendre, on fait un saut dans la grande salle permanente. Des sculptures  et des banquettes au milieu de la pièce (dont la femme au chapeau à deux-bonjours typiquement Bourbonnais qui me fait peur avec son air hyper sévère) et des tableaux par dizaines sur les murs (dont La vérité sortant du puits qui me fascine toujours tant ça me semble réaliste). J’adore cette salle. Je pourrais m’asseoir et y rester des heures. Sans forcément regarder les tableaux d’ailleurs. Juste m’asseoir, lire ou attendre que le temps passe. C’est une salle apaisante, je trouve.

En conclusion, le Musée Anne de Beaujeu figure dans mon top 3 des musées Auvergnats (avec le CNCS de Moulins et le MARQ de Clermont). Je vous conseille vivement la visite. Pour les expos, bien sûr. Pour ses murs, aussi. Son histoire. Et son quartier. L’entrée seule est à 5 euros mais vous pouvez coupler la visite avec celle de la Maison Mantin (pour 8 euros, si je ne dis pas de bêtise), une visite que je conseille +++ également.

Comédies Musicales, les costumes font leur show ! – CNCS, Moulins

Et c’est encore une très belle expo que nous propose actuellement le Centre National du Costume et de la Scène de Moulins (jusqu’au 28 Avril) ! Comme les précédentes, j’ai adoré découvrir les costumes, les accessoires et la scénographie dans son ensemble.

My Fair Lady, Grease, Chantons sous la pluie, La mélodie du bonheur et d’autres comédies musicales (popularisées au cinéma) et d’autres peut-être moins connues du grand public (comme 42nd street) sont présentées à travers une centaine de costumes. Entrer au CNCS c’est partir pour Broadway, cette immersion côté coulisse donnant envie de danser et de chanter. Ce que vous ferez probablement dans la salle dédiée à Grease ou sur l’estrade consacrée à Chantons sous la pluie. Ici, vous pourrez même poser devant un décor New Yorkais avec imperméable jaune et parapluie. Comme si vous y êtiez…

Plus d’informations sur le site du CNCS (horaires, tarifs, expo permanente…), ICI.
Pour lire ou relire mes compte-rendus des expositions précédentes : Contes de Fées, Artisans de la Scène, Modes ! A la ville à la scène ou des encore plus anciennes sur le vieux blog : Barockissimo, Angelin Preljocaj, L’opéra comique et ses trésors.

Portrait(s) – Vichy

IMG_20180619_155117_405S’il est des rendez-vous incontournables durant la belle saison en Auvergne, l’expo Portrait(s) de Vichy en fait incontestablement partie. Pour la 6ème année consécutive, la ville a invité plusieurs photographes afin de les exposer dans différents points stratégiques de la ville. Que l’on y passe par hasard ou qu’on se fasse un après-midi de balade consacré aux expos, Vichyssois et touristes  ne peuvent passer à côté. impossible.

Sans titre 1Devant l’église Saint-Louis, c’est le duo du studio Karma Milopp qui expose ses portraits de familles Vichyssoises. Dont quelques visages connus. L’ex-directrice de l’opéra ou l’adjointe au Maire pour ne citer qu’elles… D’autres portraits de cette même série sont visibles devant la gare.

Un peu plus loin, dans les galeries du Centre Culturel Valéry Larbaud, nous avons rendez-vous avec plusieurs photographes… Nelli Palomäki (Finlandaise) expose ici des duo de frères et/ou sœurs. Chacun étant libre d’interpréter l’image à sa façon. Sont-ils complices ? En conflit ? L’un domine-t-il l’autre ? J’avoue, ça m’a beaucoup plu de les observer. Mattia Zoppellaro (Italien) nous propose, quant à lui, une série de photos sur les gitans (d’Irlande, d’Ecosse, du Pays de Galles et d’Angleterre). J’ai beaucoup aimé. C’est très lumineux. Justine Tjallinks (Hollandaise) revisite le portrait contemporain. C’est une esthétique particulière et, j’avoue, j’ai moins accroché. Les clichés sont trop « blancs » pour moi. Mais c’est une question de goût, et ça ne m’a pas empêché d’apprécier le fait qu’elle a choisi des modèles « hors du commun », sortis des dictats de la beauté qu’on nous impose… Thomas Sauvin (Français) nous invite en Chine où il est parti à la recherche d’archives photographiques avec des négatifs qu’il a sauvé de la destruction. Comme ces femmes qui se faisaient photographier dans leur cuisine avec leur frigidaire flambant neuf. Ou ces gens posant avec le géant Ronald MacDonald. C’est amusant de voir le progrès entrer dans leur vie, pour nous qui avons toujours connu ça. Certaines images m’ont fait pensé à certaines vieilles photos que j’ai pu retrouver dans les cartons de mes grand-parents. Gilles Coulon est présent, lui, pour la 5ème fois. Il s’est cette année intéressé à l’Alliance Française du CAVILAM, notre école de langues qui accueille chaque année des milliers de stagiaires. Ces portraits représentent de jeunes étudiants étrangers dans leur chambre chez l’habitant et des hôtes. Pour finir, Denis Dailleux expose des portraits de jeunes faits dans les années 1980 dans le Val d’Oise, des images en noir et blanc qu’il gardait dans ses archives et qui, aujourd’hui, font partie de son ouvrage édité en Avril dernier. Là aussi, j’ai beaucoup aimé la lumière. Et ce que l’on peut voir dans les regards de ses enfants et adolescents.

Pour finir mon après-midi, je suis allée voir les portraits exposés le long de l’Allier, sur la Promenade du Lac d’Allier, ceux de Mark Seliger. Ce portraitiste américain qui a réalisé quelques 125 couvertures de Rolling Stone Magazine dans les années 1990 a aussi travaillé pour Vanity Fair, Time Magazine ou Vogue, par exemple. Il expose ici quelques uns de ses portraits les plus connus. Et d’autres que je ne connaissais pas. Pour ma défense, je ne suis pas forcément son travail, hein… Ces photos en noir et blanc sont splendides ! Surtout s’il fait bien beau comme ce fut le cas ce jour-là. Et si le portrait de Barack Obama de dos semble faire l’unanimité (ou presque), j’avoue un gros gros faible pour le portrait de Robert Redford (je le reconnais fièrement, je suis amoureuse de Robert Redford).

Je ne suis pas allée sur la place de la gare (photos de Karma Milopp), je ne suis pas passée par la médiathèque (Héloïse Berns, gagnante du concours avec des photos de ses filles jumelles) ou le hall du CCVL (côté salle de spectacle) (à ne pas confondre avec le CCVL côté galeries, trottoir d’en face) avec les travaux des élèves de l’école Georges Méchin  ou des BTS de l’ES. Ce sera pour une prochaine fois.

Cette expo Portrait(s) est à voir jusqu’au 9 Septembre 2018 et c’est entièrement gratuit. Les galeries du CCVL et de la médiathèques sont soumises aux horaires d’ouverture, renseignez-vous avant de venir, ce serait dommage de trouver porte close. Le reste étant en plein air, c’est en libre accès en continue. Plus d’infos ICI.